dimanche 18 mai 2008

Représentation artistique et esthétique des Ruines


Le département de langue et de littérature françaises et le groupe de recherche Art et Littérature de l'Université Moulay Ismaïl de Meknès organisent un colloque international (novembre 2008) sur le thème "Représentation artistique et esthétique des Ruines" dont voici l'argumentaire :

Devant le spectacle de la Ruine, de l’ irrémédiablement détruit, de la trace invoquant le souvenir, de l’image fixant le fugace, du texte immortalisant à jamais l’histoire et le goût des choses, des interrogations nous interpellent : celles se rapportant aux relations que l’homme entretient avec sa mémoire. Faire resurgir, des traces de l’aboli, une œuvre flambant neuf avec la volonté de reconstituer ses anciennes formes, n’est-ce pas là un désir inavoué de transcender sa propre précarité ? Dans cette dialectique de l’effacement et de l’érection du monument face au temps, c’est tout un éventail de métamorphoses qui s’offrent selon des possibilités de reconstitution hyperbolique, tâche à laquelle s’attèlent écrivains et plasticiens dans leurs œuvres. Qu’elles soient réelles ou imaginaires, les ruines engagent notre rapport au temps, à son pouvoir corrosif. Ce qui lui résiste nous impose respect, car à travers lui nous transcendons notre propre anéantissement.

La réflexion que nous voulons susciter dans le cadre de ce colloque se rapporte à une évaluation critique du rapport de nos écrivains, peintres ou photographes à la précarité de la vie, à l’éphémère, au fugace, à la décomposition/recomposition des lieux. Pour que la mémoire vive et se transmette, c’est tout un travail sur le passé, sur les vestiges incandescents de l’aboli, qui s’impose...

Interroger à travers les ruines nos rapports à l’histoire tels que les œuvres artistiques – tous genres confondus les cristallisent, grâce à ce qu’elles recèlent comme exercices de mémoire.

Cela nous amène à interroger le rapport de l’homme au temps, en général ; à sonder son effet à la fois dévastateur et émancipateur, avec ce désir de le transcender grâce aux œuvres d’arts.

Faire une sorte d’état des lieux quant aux diverses configurations que la ruine fixe dans l’imaginaire contemporain à travers la double articulation verbale et iconique qui, en méditant la trace, tentent de reconstituer hyperboliquement les parties érodées par le temps selon la dialectique de l’ostensible et de l’invisible, le mystère des formes anciennes et l’originalité des œuvres à venir…

● Tenter une sorte d’archéologie des ruines modernes : ruine de l’Homme, ruine du Monde et ruine de l’œuvre d’art (ou l’œuvre d’art en tant que ruine).

Nous invitons ainsi tous ceux qui seraient intéressés par le sujet à nous envoyer, jusqu’au 30 Juillet 2008, un résumé de 400 mots de leur projet de communication à l’adresse suivante :

Email : gral_fac_meknes@yahoo.fr

Ou contactez

Mohamed Lehdahda

G.R.A.L

Faculté des Lettres et des Sciences humaines

Département de Langue et Littérature françaises

Filière : Etudes françaises

BP 4009 Beni M’hamed



samedi 5 avril 2008

Image et anthropologie


La revue L'HOMME vient de publier en texte intégral le numéro 165 (année 2003) consacré aux relations entre anthropologie et images.

Pour accéder à l'ensemble de ces études, cliquez ici

jeudi 3 avril 2008

Considérations sur la marge


"La marge, c'est ce qui fait tenir ensemble les pages du cahier". Jean-Luc Godard fait cette réponse quand on le qualifie d'artiste marginal. Les mouvements artistiques les plus avant-gardistes se situent effectivement à la marge, d'où ils assurent la vitalité de la création, contre la stagnation de l'académisme. L'artiste qui se différencie des courants dominants éclaire les autres voies possibles, il invite à l'invention, à la déconstruction et à la reconstruction du monde.

Dans ce numéro 7, purpose présente des photographies de gens qui se heurtent aux frontières, de populations en situations précaires, d'adolescents en quête d'identité, et d'une femme qui en cultive plusieurs. Ces photographies comme celles qui montrent l'urbanisme des périphéries ou les extensions de la ville dans les campagnes, interrogent toutes poétiquement et politiquement des situations à la marge, des moments de transition, des "entre-deux".

Nous vous proposons un voyage fait de détours et de voies de traverse qui mènent paradoxalement au centre de notre monde et de nos vies. Ce voyage commence par le Berlin de Jean-Luc Moulène, une ville où tant de fois tout a basculé au siècle dernier.

Dans une époque où l'on s'impose des œillères, où la tranquillité et la sécurité sont devenues les seules aspirations, ne faudrait-il pas tourner plus souvent notre regard de côté ou de biais ?

Au sommaire de ce dernier numéro :

Jean-Luc Moulène Berlin
Claude Cahun Je est une autre
Lise Sarfati The New Life
Pascal Hausherr Les Époux
Laurent Malone Habiter Marseille
Emmanuel Pinard Paysages périphériques
Ahlam Shibli Arab al-Sbaih
Anthony Berthaud Immigration chapitre 2 : Calais
Joakim Eskildsen The Roma Journeys
Charlie Meecham The Changing Land
musique de / music by Jean-Luc Guionnet

Pour accéder et feuilleter ce webmagazine photographique, cliquez ici


vendredi 14 mars 2008

Studieuses perspectives



Pour le semestre II du master : "Littératures et expressions artistiques"
Notre travail consistera à visualiser les planches contacts des photographes conceptuels suivants:

John Baldessari
Bernd & Hilla Becher
Christian Boltanski
Alain Fleischer
John Hilliard
Roni Horn
Martin Parr
Georges Rousse
Thomas Struth
Wolfgang Tillmans


En parallèle, nous étudierons la nouvelle de Michel Tournier intitulée "Les suaires de Véronique" publiée dans le recueil de nouvelles "Le Coq de bruyère" chez Folio. Les étudiants sont invités à travailler en groupe afin de produire une recherche commune à la fois biographique et iconographique sur les photographes cités.

Pour le semestre II du master "Didactique"

La liste des photographes contemporains qui seront étudiés est la suivante:

Sophie Calle
Nan Goldin
Duane Michals
Sarah Moon
Nobuyoshi Araki
Hiroshi Sugimoto
Andreas Gursky
Thomas Ruff
Jeff Wall
Lewis Baltz
Jean-Marc Bustamante

Vos travaux personnels consistent à faire un compte rendu des expositions artistiques visitées et à effectuer une recherche iconographique sur un auteur photographe (ce travail doit être gravé sur CD Rom et présenté avec Power Point).


dimanche 9 mars 2008

Enseignement : faut-il noircir le tableau ?


Cliquez sur l'image pour la voir en grand.


mardi 26 février 2008

Examen: quel est votre rhésus ?



Un examen c'est comme le facteur rhésus! Il est soit positif, soit négatif ! Pour le reste, ça s'apparente à une longue liste affichée de noms et de chiffres.
Le roman que je suis en train de lire en ce moment a été écrit par yannick Haenel et s'intitule "Cercle". A la page 133, l'auteur parle chiffres :
"Il y avait sur le trottoir un tourniquet de cartes postales. Des photos de stars en noir et blanc, des baisers célèbres dans Paris, des reproductions de peintures. Et parmi les peintures, une étrange surface grise qui m'a plu. Elle était piquée de traits blancs minuscules, comme des jours barrés sur un mur de prison. Au dos, il y avait écrit : "1965/1-
∞. DETAIL 99940--1017875."Ces traits de brume sur le gris, c'étaient des chiffres.Ça ne se voyait pas d'abord. Ça ressemblait à une muraille, à un ciel, à un fond de l'oeil; et puis quand on regardait plus attentivement, les chiffres, on les voyait apparaître. D'immenses lignes de chiffres. Plus rien d'autre, sur toute la surface, que des chiffres. Je me suis dit: voilà, impossible d'oublier les chiffres, maintenant ils sont partout, il n' y a plus qu'eux. le type qui peint ça l'a compris: calculs, statistiques, mesures, tarifs - le monde se confond avec le chiffre; il ne se représente plus autrement. Si on veut représenter le monde, on n'a plus qu'à aligner des chiffres."

Yannick Haenel (2007), Cercle, Gallimard.
L'auteur de ce passage ne révèle pas le nom du peintre qui ne peint que des chiffres. Mais il est facile de reconnaître l'artiste qui se cache derrière ces lignes en allant faire sa connaissance ici







lundi 25 février 2008

Quand le graffiti se met au verre

A la faculté des lettres dhar el mahrez de Fès, les classes exposées aux rayons et au feux solaires ont vu leurs ouvertures vitrées obstruées par une sombre et épaisse couche de peinture. Une aubaine pour les graffiteurs qui s'en donnent à coeur joie! En voilà un petit échantillon de graffiti sur verre.