mardi 19 avril 2022

La caricature : images et représentations

Le Centre National Pour la   Recherche Scientifique et Technique

L'Université Ibn Tofail, la Faculté des lettres et des arts de Kénitra

Le Laboratoire Littérature, Arts et Ingénierie pédagogique

Équipe : Genre, Écritures, Représentations et Intermédialité

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Le 28 mai 2022, organisation d'une journée d'études qui sera consacrée à la caricature.


Argumentaire :

« Art du simultané »[1], la caricature frappe au premier regard ; elle livre tout ou presque par quelques traits et sans détails superflus. Son apparente simplicité ne peut toutefois être appréhendée par une lecture cursive puisque ses signes plastiques tout comme sa charge culturelle et discursive demandent à être décortiqués méthodiquement.

Comme signe visuel, elle fond sa signification substantiellement par les couleurs, la texture, la composition, la forme, le tracé… Elle est l’œuvre d’un artiste qui, moyennant une abstraction minimale, reproduit ses objets par des techniques différentes : le collage, l’emprunt, l’allusion, le grossissement, la réduction, la déformation ou l’accentuation. Ces techniques agissent singulièrement en contrepoint avec l’exigence d’un effet de similitude avec le réel, du moins par l’établissement d’un système d’équivalences que le public recherche généralement. C’est dire qu’entre l’image travestie et la restitution précise, le caricaturiste parvient à créer l’ambiguïté qui permet l’adhésion du spectateur. C’est dire aussi que le rire est affaire de complicité car reposant essentiellement sur des signes conventionnels et surtout contextuels. L’image caricaturale ne peut à partir de là prendre forme que dans l’urgence du geste créateur, stimulé par l’actualité sociale et politique et amené à inventer son discours, ses modèles, ses symboles et ses allégories. Mais cette actualité qui sert la caricature peut également la condamner car elle voue cet art conjoncturel à l’éphémère. Rares sont en effet les dessins qui ont acquis une vie pérenne.

En tant que discours, la caricature emprunte à la tradition satirique sa facture première ; elle déclenche le rire en raillant et dénonçant les situations ou les comportements d’une personne ou d’un groupe social. Elle déforme les portraits et exhibe les caractères des personnes publiques. Elle provoque aux dires de Bergson « un rire collectif ». Le fait qu’elle soit aussi l’œuvre d’un journaliste attentif à la réalité ne l’éloigne pas de l’engrenage du témoignage et de la critique sociale. Elle dit des vérités, laisse voir des contradictions. En un mot, elle met à nu les acteurs et les intentions. Le journaliste-artiste formule ici un discours subjectif, l’expression d’un point de vue, une interprétation de faits et un commentaire qui invitent le lecteur à porter un regard différent sur l’actualité et à se faire son propre jugement. Le rire dans ce cas n’est que l’accroche moyennant quoi des positions peuvent être prises et des débats engagés.

L’aspect condensé et synthétique de la caricature est ce qui lui a permis, nous semble-t-il, d’occuper rapidement et au grand bonheur des dessinateurs les plates-formes des réseaux sociaux. Ce changement de support éditorial n’est pas tant dû au vœu d’une diffusion plus large et moins censurée qu’à l’adaptabilité facile de l’image caricaturale aux modes de diffusion et d’influence interactifs que sont les médias modernes. Elle s’insère ici avec beaucoup plus de fluidité au risque même d’être dé-contextualisée et re-sémantisée par des réemplois déviés de l’intention de leur dessinateur.

 

Les contributions de cette journée peuvent aborder les axes suivants :

1-     La caricature et iconicité

2-     Les signes plastiques de l’image caricaturale

3-     La caricature et discours

4-     Caricature et engagement artistique

5-     La caricature durant les crises sociales et politiques

6-     La caricature et supports médiatiques

 

Les propositions de communication (titre + résumé de 10 lignes au maximum) doivent être envoyées avec une courte biographie à l’adresse suivante : abdellah.romli@uit.ac.ma



[1] Sonia Delaunay.

 

lundi 21 mars 2022

La photo chamboulée

Bien avant l'appareil cher à Daguerre,

la chambre noire est dans ma tête
et c'est là, que le monde capté
est champ boulé.
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Photographie P2510123 : côte atlantique, Azemmour, le 6 mars 2022.


lundi 7 février 2022

État de siège

L'une des fenêtres du salon de l'appartement donne sur le triste bric-à-brac de la terrasse d'une station service (spectacle réjouissant à plus d'un titre). Au milieu de ce fourre-tout visuel trône un fauteuil à sept lattes en aluminium. L'impression que c'est le siège d'une divinité à la fois invisible et omniprésente. Hier, dans l'après-midi, j'ai pris un peu de temps pour jouer avec: la revanche de la photographie sur la laideur. C'est Pierre Louÿs qui disait dans Les Aventures du roi Pausole (1901): « Vous continuerez d’habiter les mêmes chambres, le même fauteuil, de voir le même horizon dans le cadre de la même fenêtre. Échappez donc à tout cela ! Il y a si peu de jours dans la vie : faites que pas un d’eux ne ressemble au suivant.»



dimanche 16 janvier 2022

Noir, c'est noir


Noir, c'est noir

y a plus de poires
dans la corbeille à fruits.
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Photographie P2470632 : Fès ville nouvelle, le 13 janvier 2022.

Le temps qui passe

Le temps qui passe

a quatre syllabes
et deux pieds
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Photographie P2470698 : Fès ville nouvelle, le 15 janvier 2022.


dimanche 2 janvier 2022

Paréidolie

Câble coaxial

Noué à une extrémité :

Parabole faciale

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Photographie _1010971 : Fès ville nouvelle, le 1 janvier 2022.







أُحِبُّكَ يا وَطَنِي

Aujourd'hui pâtes, riz;

demain

bissara...

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https://www.youtube.com/watch?v=TDM5mcMiTQs

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Photographie P1930673 : médina de Fès, le 27 décembre 2020.