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vendredi 24 décembre 2021

Peaux et ocres

Publication du nouveau roman d'Abderrahim Kamal sous le titre "Peaux et ocres" aux éditions Marsam





mardi 1 juin 2021

Publication en relation avec la photographie

 

Arnaud Claass (2021), L'intuition photographique. Notes 2016-2020. Suivi de Regard perdu, éditions Filigranes, 173 pages.

A propos :

« Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d'intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L'intuition photographique examine l'art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d'observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d'expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l'art : tels sont certains des sujets abordés.
A ce texte viennent s'ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L'auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura. »



jeudi 26 mai 2011

Publication

L'université Moulay Ismaïl et la faculté des lettres et des sciences humaines de Meknès viennent de publier le numéro 26 de la série Actes de colloques. Cette publication de 77 pages rend compte du colloque organisé par le Groupe de Recherche Art et Littérature en juin 2009 et qui a été consacré à Thami Benkirane en tant que photographe.
Je me permets de vous donner en lecture l'avant-propos signé Mohamed Lehdahda:



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"Le collectif Thami Benkirane photographe reprend quelques-unes des communications du colloque que le Groupe de Recherche Art et Littérature (G.R.A.L.) a consacré à l’artiste photographe. A l’origine, ce colloque s’est fait autour de L’Atelier Benkirane pour réfléchir sur les différents aspects de la pratique photographique de l’artiste. Le constat qui a été fait dès le départ est que sa photographie n’est qu’un fragment, un aspect, auquel il faut associer le discours — théorique et didactique — de sa pratique photographique, sans oublier les réflexions, choix de texte, morceaux de musiques qui accompagnent les photos dans ses blogs.

Tous ceux qui connaissent Benkirane savent qu’il ne se définit pas comme un photographe professionnel ; son activité est, dit-il, « une expérimentation créative ». « Paysagiste du banal », sa photographie tisse avec une spontanéité maitrisée des liens avec tout ce qui a trait à la marge et au fragile ; elle creuse l’aura silencieuse des choses et capte l’instantané de l’éphémère ; elle est greffe d’images et du texte : l’hybridité enchanteresse du verbe, du monde sensible et de ses silences… C’est un travail de créativité qui libère le regard et où il faut être attentif au (x) (en)jeu(x) d’une création soutenue dans le temps. Dans son Atelier, nous sommes appelés à épouser le regard découvreur du photographe qui, s’appuyant sur un double objectif, pédagogique et esthétique, rend accessible les liens que les images tissent entre elles, échos qu’elles amplifient en se greffant aux textes littéraires, aux discours philosophiques, aux morceaux musicaux, aux recettes culinaires…

A l’inverse d’un collectif fait d’assemblage de textes divers, ce livre est né d’une véritable entreprise commune, stimulée par le don et la reconnaissance d’une dette d’amitié. C’est ainsi que l’exploration de l’Atelier de Thami Benkirane dans ses différentes ramifications nous a conduit à adopter un regard attentif à la diversité inhérente à sa pratique artistique.

Dans son article Bernoussi Saltani se souvient de ses rencontres avec T.B., début d’une amitié consolidée par le temps et le travail. En plus des détails sur les liens privés qui les unissent, il nous décrit l’unité d’une démarche intellectuelle qui fait lien entre motifs biographiques, formation académique et passion photographique. Chez T.B. la photographie se fait, dit-il, « jeux où le naturel dicte sa loi de jeu au technique ».

Ce dernier aspect est perçu par Abderrahim Kamal comme une caractéristique relevant d’une démarche expérimentale postmoderne. Saisie dans son aspect chronologique, elle est présentée comme une poétique et une esthétique de la répétition. Le travail de Benkirane se veut un exercice de révélation de l’invisible, une ouverture vers l’inconnu ; une manière de « cultiver le doute et la déroute ». « Photographie des marges », elle est regard sur l’éphémère, le fragile, l’hybride et le banal ; sur le peu de sens qui reste dans ce monde.

D’accord sur l’aspect expérimental de l’Atelier Benkirane, Abdelkrim Chiguer aborde cette composition comme une « tension entre voir, écrire, lire et toucher ». Il y analyse une mosaïque consolidée par une « logique éminemment tactile et visuelle ». Attentif aux jeux de mots et d’images, il relève dans les récits photographiques des caractéristiques faites de continu et de discontinu, de l’hybride et de la greffe et d’un langage subtil qui « creuse la surface photographique en profondeur ».

Se saisissant de l’aspect « récit photographique », Mohamed lehdahda consacre son étude à deux séries « globes du silence » et « Alphabet du silence ».Son attention se porte sur l’examen du silence qui entoure cette composition. A la base de chaque série il y a une intention fondée sur l’unité d’une démarche intellectuelle et une recherche esthétique. Invitation à libérer le regard, l’Atelier Benkirane anticipe ce que pourraient lire ou dire les yeux du regardeur.

Cette anticipation est inscrite dans le choix de textes que T.B. nous livre dans l’Abécédaire. Il nous ouvre, ainsi grande ouvertes, les portes de son Atelier : guide précieux pour comprendre sa démarche, ses choix esthétiques, ses techniques photographiques… En égrainant les entrées de son texte, l’œil cultive le regard et découvre les liens qui se nouent entre les textes et les images. Greffe heureuse qui nous met en face d’une composition qui se veut : poésie de lumière.

Enfin, le texte de Benyounès Amirouch essaie d’interroger l’esthétique du graffiti chez Thami Benkirane en la rattachant à ses racines dans le Pop’Art et l’abstraction. Il soumet à l’analyse la technique de la surimpression et les sens de la « troisième image » qui en résultent. Cette troisième image articule, selon lui, visible et invisible, sens et non-sens. Amirouche tente également de comprendre la pratique du Net’Art telle qu’elle se manifeste dans les blogs de l’artiste.

Nous espérons, par cette publication, contribuer à la recherche universitaire dans un champ, celui de la photographie au Maroc, qui, comparativement aux autres arts visuels, reste peu exploré et ses artistes peu étudiés."


mardi 19 octobre 2010

"lire & voir"

"lire & voir" est une série de publications qui sera consacrée à l'examen des rapports entre textes et images fixes dans le contexte du livre. Le premier ouvrage de la série à voir le jour est :
Livres de photographies et de mots, sous la direction de Danièle Méaux, Caen : Lettres Modernes Minard, coll. « Lire et voir » 2009, 252 pages.



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Anne Reverseau a rédigé et publié un premier compte rendu de ce livre . En voici des extraits: (...)Dans son texte introductif, D. Méaux examine la dynamique entre le texte et l’image dans des productions mixtes, dites « hybrides », qui ne sont pas forcément des objets littéraires. Selon elle, le « livre de photographies et de mots » est « un espace de brouillages et d’interférences », mais aussi un objet défini par la spécificité de la photographie. En effet, sa relation particulière au temps et sa capacité de « recontextualisation » facilitent l’insertion d’images photographiques dans un récit ou dans une fiction (p. 16-17). D. Méaux fait le choix d’exclure l’image animée (vidéo et cinéma) de son champ d’étude puisqu’elle ne relève pas du même imaginaire que la photographie, dont l’« arché », en particulier la capacité d’incarnation, influe sur les textes.

Les « livres de photographies et de mots », grâce à leurs jeux avec « le dispositif de véridiction » (p. 12) notamment, font bouger la ligne entre réel et fiction et la frontière entre les genres. Plus encore, ils appellent à une réflexion nécessairement transdisciplinaire : la démarche de ce collectif, comme d’autres ouvrages portant sur la photo-littérature, pourrait bien être de regrouper les marges de certaines disciplines pour constituer un nouveau champ disciplinaire. On retrouve donc dans Livres de photographies et de mots les difficultés inhérentes à ce champ, comme la classification d’objets hybrides ou l’ouverture vers le contemporain.

Certains articles s’intéressent à une œuvre, comme Le Feu de Valère Novarina et Thérèse Joly (1994), analysé par Jean-Pierre Montier et Récit de François Hers (1983), qu’étudient Jan Baetens et Mike Bleyen, ou à un ensemble d’œuvres : les romans-photo de Marie-Françoise Plissart et Benoît Peeters (Alexandra Koeniguer) ou les publications de Joseph Kosuth (Jacinto Lageira). D’autres articles envisagent des corpus plus importants : textes autobiographiques et photographiques pour Véronique Montémont, large corpus de romans associés à la photo pour Chloé Conant et pour Jean Arrouye — d’Orfa d’Armand Sylvestre (1901) aux travaux plus contemporains de Christian Bobin, Marie Ndiaye ou Marie Desplechin —, textes et images de rêve pour Christine Buignet, livres d’artistes conceptuels pour Jérôme Dupeyrat et livres de photographes pour Christophe Viart. Les deux dernières études se penchent sur des ensembles plus inattendus comme les images de calendriers dont Boris Eizykman dresse un panorama historique et les livres illustrés accompagnant certains disques vinyles Post Punk, présentés par Paul Edwards.

Le principal problème de ce champ de recherche réside dans l’hétérogénéité de ses objets. « Iconotextes » pour Véronique Montémont (p. 40), « photo-texte » pour Paul Edwards (p. 240), « entreprises iconico-textuelles » pour Jean Arrouye (p. 54), « œuvres phototextuelles » pour Chloé Conant (p. 76) : la difficulté à trouver une appellation stable pour ces objets est le signe d’un malaise, concernant jusqu’au statut littéraire ou même artistique de ces « livres de photographies et de mots ».

Quelques articles insistent particulièrement sur la multitude d’objets concernés. Jean Arrouye aborde par exemple de front la question de la classification en catégorisant les ouvrages selon les différentes fonctions de la photo — de « l’illustration de détail » à l’anticipation ou à l’« allégorie » — et selon son statut, du modèle sémiotique, dans le cas de Notre Antéfixe de Denis Roche, au documentaire ou à la « réserve de fiction », en passant par l’« écloserie de sentiments », dans L’Usage de la photo d’Annie Ernaux et Marc Marie (p. 71). En tenant compte des contraintes économiques dans les choix artistiques, Chloé Conant remarque quant à elle que chaque ouvrage inaugure un « nouveau dispositif » (p. 75) et distingue les dispositifs illustratifs des dispositifs de légende ou de commentaire, ou d’agencements plus complexes comme celui du cahier.

Il ressort de ces études que le « livre de photographies et de mots » crée un jeu, c’est-à-dire un espace libre, entre les deux médiums. Les artistes et écrivains jouent avec cet espace d’indétermination entre le réel et la fiction, explique Véronique Montémont (p. 39). L’image « ouvre un horizon nouveau au texte » (Buignet, p. 110), elle peut être un « embrayeur de mémoire… ou de fiction » (Arrouye, p. 57) et, enfin, elle rend possibles des ouvrages à contraintes ou expérimentaux, des livres profondément « ludiques » (Conant, p. 76 et p. 90). Dans les textes de « musiciens photographes » comme Philippe Fichot et John Foxx, dont il analyse en détail la « poétique toute photographique » (p. 245), Paul Edwards repère une « prévisualisation », c’est-à-dire une « vision intérieure d’une photographie à venir » (p. 246). Quelle que soit sa fonction, ce jeu est un espace de liberté, le lieu d’une « cocréation », terme que Véronique Montémont reprend à François Soulages (p. 38), à laquelle participe le lecteur, véritable « coproducteur de l’œuvre » dans les livres d’artistes de Lawrence Weiner, Jochen Gerz ou Robert Barry selon Jérôme Dupeyrat (p. 172).

La plupart des travaux publiés ici mettent en valeur les points de contacts, voire l’intrication profonde, entre production littéraire et production artistique. Parallèlement à la montée en puissance des images, au-delà de la question de l’illustration, qu’on constate en littérature, Jérôme Dupeyrat prend acte de la présence grandissante du texte dans l’art depuis les années 1960.

On comprend alors comment se rapprochent l’image photographique et la littérature dans l’espace du livre, mais aussi dans les méthodes d’analyse. En comparant les ouvrages de Lothar Baumgarten, Hamish Fulton et Sophie Ristelhueber, Christophe Viart envisage le « livre comme espace d’exposition » (p. 196) grâce aux outils de la sémiologie et à un héritage littéraire assumé à travers Mallarmé ou Valéry. Et c’est en termes sociologiques qu’Alexandra Koeniguer s’interroge sur la transformation d’un objet de littérature populaire dans « le Nouveau Roman-photo » (p. 216) qui multiplie les mises en abyme et les interrogations sur le médium.

Livres de photographies et de mots éclaire le développement et le contexte historique de ces formes aujourd’hui en vogue. Il semble nécessaire d’en interpréter le succès comme le fait Véronique Montémont pour qui les ouvrages de Legendre et Bonnetto, de Sophie Calle ou de Christian Boltanski ne sont pas seulement des jeux égotistes ou le résultat de la subversion du genre autobiographique (p. 49), mais d’authentiques inventions de formes fictionnelles. Ce collectif montre que la photo est bien une « nouvelle participante au jeu littéraire » (Arrouye, p. 70) et qu’elle ne compte pas se cantonner aux effets de réel. Ces objets hybrides, mêlant textes et photographies, créent, dans leur indétermination même, « un nouvel art de dire et de montrer » (Arrouye, p. 71). Dans la lignée des travaux de Paul Edwards, Livres de photographies et de mots éclaire ainsi le rôle de la photographie dans les imaginaires.

Voici via le sommaire, les questions traitées dans cet ouvrage :

Introduction générale : Le Livre de photographies et de mots : un espace de brouillages et d’interférences, par Danièle MÉAUX.

– 1. Le Feu : présence au monde, incandescence de la parole, parJean-Pierre MONTIER.

– 2. Comment mentir en disant deux fois la vérité : photographie et autobiographie, par Véronique MONTÉMONT.

– 3. Un Nouvel art de dire et de montrer, par Jean ARROUYE.

– 4. Les Petits arrangements de la réalité et de la fiction, par Chloé CONANT.

– 5. François Hers /Récit : pour une poétique de l’étalement, par Jan BAETENS et Mike BLEYEN.

– 6. Notes sur quelques recueils de mots et d’images de rêves, par Christine BUIGNET.

– 7. L’Image telle qu’elle s’énonce, par Jacinto LAGEIRA.

– 8. Coprésence et coproduction. Usages de la photographie et du texte dans les livres d’artistes «conceptuels», par Jérôme DUPEYRAT.

– 9. L’Exposition des mots et des images dans l’espace du livre (les exemples de Lothar Baumgarten, Hamish Fulton et Sophie Ristelhueber), par Christophe VIART.

– 10. De l’image décrite à l’image de l’écrit : la réciproque photo-romanesque, par Alexandra KOENIGUER.

– 11. De l’intempestif au temps gelé des calendriers, par Boris EIZYKMAN.

– 12. Le Livre photo-illustré dans les éditions de luxe de la musique Post Punk, par Paul EDWARDS.